Comment mesurer sa richesse ?

Michael Ferrari Esprit riche 10 Commentaires

La question mérite d’être étudiée : comment savoir à quel niveau de richesse êtes vous ?

Habituellement on utilise les revenus français pour savoir où l’on se situe et cette comparaison est établie à partir d’un tableau par niveau de revenu du ménage.

Voici un tableau basé sur les chiffres de l’INSEE :

Les revenus disponibles des ménages
Unité : €

Revenu maximum par an

Par mois

10 % ont moins de

11 477

956

20 % ont moins de

14 408

1 201

30 % ont moins de

17 581

1 465

40 % ont moins de

20 982

1 745

50 % ont moins de

24 599

2 050

60 % ont moins de

28 623

2 385

70 % ont moins de

33 171

2 764

80 % ont moins de

39 356

3 280

90% ont moins de

49 554

4 129

95 % ont moins de

62 095

5 175

Revenus des ménages, après impôts, prestations sociales comprises. Ne comprend pas environ 80 % des revenus du patrimoine

Source : Insee. Année des données : 2004, enquête revenus fiscaux

Source : http://www.inegalites.fr

Pour la plupart des personnes ayant un métier similaire au mien, BAC +5 en informatique ou assimilé ce tableau est très étonnant. Pour peu d’être en couple et de travailler sur Paris ou sa région (là où débutent la majorité des jeunes diplômés, les lecteurs me pardonneront ce parisianisme exacerbé) le revenu disponible du ménage se trouve rapidement dans les 70 % voir 80 % des français les plus riches.

Autrement dit, en débutant sa carrière professionnelle on se trouve déjà parmi les français les plus riches.

As-t-on le sentiment d’être riche ? Pas vraiment mais on ne va pas non plus se plaindre.

Un autre moyen de comparer sa richesse est de prendre les revenus à l’échelle mondiale. Ça sera certainement l’occasion de constater à quel point la France reste un pays riche et que notre niveau de vie est très élevé. Dans beaucoup de pays, les gens vivent avec 1€ par jour. Même dans le contexte du pays en question, ça ne fait pas beaucoup pour vivre décemment.

Robert T. Kiyosaki mesure lui la richesse différemment. Dans ses nombreux livres sur la richesse et sa vision du monde il utilise un moyen que je trouve adapté pour mesurer sa richesse.

Pour lui, la richesse se mesure en nombre de mois. Autrement dit, si vous arrêtiez de travailler aujourd’hui, combien de temps pourriez-vous vivre à votre train de vie actuel ?

Le premier truc auquel vous pensez maintenant est sûrement d’additionner les sommes que vous avez épargnés (si vous l’avez fait…).

Bien que simpliste cette manière de compter à un mérite : elle met clairement en avant le fait que votre train de vie dépend de votre travail et de votre train de vie.

La plupart d’entre nous ont des revenus provenant de notre travail bien souvent salarié.

En utilisant cette méthode, j’arrive à voir que je suis riche de 35 mois.

L’avantage de prendre conscience de ce genre de choses c’est que ça permet de voir ce qu’il faut améliorer ou alors de se sentir beaucoup plus confiant en l’avenir.

Est-ce que j’ai peur de prendre mon boulot lorsque je peux vivre pendant 35 mois avec mon niveau de vie actuel ? Pas vraiment !

Alors comment êtes vous riche ?

Combien de métiers avez-vous déjà essayé ?

Michael Ferrari Esprit riche 11 Commentaires

Construire son expérience est un élément à prendre en compte dans ses choix de carrière. Aujourd’hui tout le monde admet qu’une vie professionnelle sera composée de plusieurs entreprises, voir de plusieurs métiers.

C’est une chance. L’opportunité de découvrir de nouveaux métiers et d’étendre son point de vue et le champ de ses connaissances.

Provoquez cela. Pour avoir un point de vue le plus large possible sur les choses, le fait de pratiquer des métiers différents ouvre de nouvelles perspectives. Cela permet de voir comment fonctionne d’autres business. Quelles sont les règles de chaque secteur ? Quels sont les équilibres en place ?

Même si je suis encore jeune, à 26 ans j’ai exercé un bon nombre de métiers dans des secteurs d’activités très variés. La plupart ont eu lieu avant la fin de mes études mais je ne manque pas une occasion de tester un nouveau métier si j’en ai la possibilité.

Récemment j’ai eu l’occasion de travailler dans un grand festival de rock (pour une fois que je ne suis pas dans le public!) et c’était enrichissant (malheureusement pas avec les quelques euros gagnés).

Il est parfois difficile de savoir quoi faire comme métier lorsqu’on est à l’école et que l’on doit décider de son orientation. Les différents conseils que l’on peut recevoir à ce sujet sont rarement intelligent dans le sens où la personne ne prend pas en compte qui vous êtes ou qui vous voulez devenir pour formuler sa recommandation. L’exercice est difficile et l’un des moyens simples pour affiner son avis, c’est de tester les boulots qui se présentent à nous.

J’ai découvert toute une profession et son milieu. Les habitudes et les « codes ».

Voici l’ensemble des métiers que j’ai déjà eu l’occasion de faire :

  • Manutentionnaire

  • Équipier dans un fast-food

  • Poseur de gouttières

  • Vendeur en papeterie

  • Vendeur en téléphonie

  • Vendeur en matériel high-tech

  • Agent de saisie de documents administratifs
  • Magasinier

  • Agent de saisie de dossiers de sapeurs pompiers

  • Pompiste

  • Serveur dans un festival de rock

  • Agent d’exploitation d’un système de presse

  • Développeur / Analyste

  • Consultant

Et ce n’est sûrement pas fini ! Même si je n’ai exercé la plupart de ces boulots que sur des périodes assez courtes, j’appris énormément de choses (et pu financier mes études sans emprunter un euro !). Chaque métier à ses codes, ses règles implicites que tout le monde respecte, cela peut concerner les horaires, le vocabulaire ou même le comportement du personnel face aux clients (et parfois ce n’est pas très flatteur). Souvent c’est très lié aux valeurs de l’entreprise ou du secteur et à son histoire.

Bref, si vous en avez l’occasion, ne loupez pas de petites opportunités.

Alors combien de métiers avez-vous exercé ? Pensez-vous faire toute votre vie dans à votre poste actuel ?

Premiers doutes…

Michael Ferrari Esprit riche 1 Commentaire seulement !

 Je savais que ça ne serait pas facile. Je savais que ça ne serait pas rapide.
Je ne peux m’empêcher d’avoir un petit coup au moral. Ce n’est pas que je n’y crois plus mais c’est juste que le chemin sera long.

Contrairement aux activités simples de la vie de tous les jours, l’objectif de devenir riche est quelque chose qui prend du temps.
Le risque de se démoraliser est important.
Les raisons qui me font le plus démoraliser :

•    si je commence à réfléchir aux difficultés futures,
•    si je pense à ce que seras ma vie si je ne réussis pas,
•    lorsque les petites actions ne donnent pas de résultats,
•    si le plan prévu n’est pas celui réalisé…

Bref les raisons de se démoraliser ne manquent pas !
Finalement je retombe sur ce que j’évoquais dans les 3 raisons qui bloquent votre vie.
La peur de l’échec est vraiment terrible et renvoi au fait d’avoir perdu son temps. L’ignorance est un brouillard qui voile les possibilités actuelles et futures et l’argent est un faux problème !

Ce que j’ai réalisé avec ces premiers doutes c’est que ça ne sera pas immédiat et qu’il faut surtout se concentrer sur les facteurs et les visions de réussite.

Vers de nouvelles aventures !

La règle d’or de l’investisseur

Michael Ferrari Investir en bourse et dividendes 1 Commentaire seulement !

Le marché est un endroit fabuleux.

En plus d’y trouver fruits & légumes, il illustre parfaitement le fait que beaucoup de choses dans la vie sont questions de perspective.

C’est une expérience quotidienne qui permet de prendre conscience que l’on ne voit que ce qu’on cherche.

Le marché où je vais regroupe un ensemble de stands, principalement des fruits et légumes, boulangerie, boucherie, poissonnier…
C’est pourtant bête mais au début j’entrai dans le marché cherchant au gré de mes envies un stand au vendeur sympathique pour acheter l’ensemble de mes courses.

Avec l’expérience, (oui l’expérience du marché monsieur !) je commençais à savoir qui m’avait bien « fourni » la dernière fois, ce qui inévitablement m’évitais de chercher un autre stand et faisais donc de moi un client fidèle.

Par la suite après avoir acheté un article en particulier je me rendais compte du prix de cet article sur tous les autres stands. Autrement dit, une fois que j’avais fait mon achat, je commençais à regarder le prix.

Je n’avais pas préparé mon acte d’achat.

Maintenant quand je vais au marché, je fais un petit tour en repérant l’ensemble des articles que je veux acheter (la liste étant courte, ça aide) pour acheter à un bon prix.
Il y a une différence du simple au double entre 2 stands. Bien que le temps soit de l’argent , c’est un exercice amusant et qui ne prends que quelques minutes.

Mais l’enseignement est plus important que la petite économie réalisée :
Avant de mettre son argent sur la table, il faut passer du temps.

Faire l’inverse ne sert à rien, il est trop tard. Pourquoi utiliser si vite un argent si durement gagné ?

Dans ces dernières années de folies immobilières, il a été fréquent que des gens achètent en très peu de temps un bien en s’endettant sur 25 ou 30 ans.

C’est un paradoxe car beaucoup auraient pu passer, ou l’ont sûrement fait, plus de temps à choisir le prochain modèle d’écran LCD ou plasma (profitant ainsi de l’influence néfaste de la télévision en haute définition) qu’à choisir l’investissement de leur vie.

Bien que n’étant pas (encore) investisseur (puisque n’ayant pas d’argent investi), le fait de passer du temps avant d’y mettre son argent est un conseil que donnent tous les investisseurs d’expérience.

Tentative de visite au club d’investisseur

Michael Ferrari Gérer et épargner 7 Commentaires

 J’ai essayé de contacter le club d’investissement de ma ville.

Je voulais entrer en contact avec des gens pour apprendre et partager sur ce sujet.

Je me suis rendu compte à ce moment que derrière le mot « investissement » on ne mettais pas forcément la même chose.

La définition que donne le centre national de ressources textuelles et lexicales est :

« Action d’investir des capitaux dans un secteur économique; application par un individu, une entreprise ou un gouvernement, d’une certaine quantité de monnaie à la création de biens de production, d’équipement, de produits de consommation ou de services« 

Ce que j’ai surtout vu c’est que ces clubs se focalisent sur l’investissement en bourse, marché qui ne m’intéresse pas du tout.

Ah oui en plus, tous les clubs en rapport avec l’argent dans ma ville sont réservés aux personnes de plus de 60 ans. Il faut avoir sa carte officielle du 3ème age pour y avoir accès, fou non ?

Heureusement il existe d’autres clubs d’investissement regroupés sous la FFCI, Fédération Francaise des Clubs d’Investissement à ne pas confondre avec la Fédération Française du Cheval Islandais ou la Fédération Francaise des Chasseurs Immobiliers. (Pas très original tout ça !)

Du coup je suis toujours à la recherche d’un club d’investissement ayant un sujet autre que la bourse, par exemple l’immobilier !

Après le crash immobilier qui se profile, il y auras pleins de bonnes affaires à faire 🙂

Le discours de Steve Jobs à Stanford en 2005

Michael Ferrari Esprit riche 3 Commentaires

Je suis tombé en parcourant l’un de mes forums préférés bulle-immobiliere.org sur un ancien discours de Steve Jobs.

Je ne connaissais pas vraiment le personnage et son histoire et j’ai plutôt une aversion « naturelle » aux produits Apple (L’ipod et sa nature à être entièrement propriétaire m’horripile !).

Mais il est toujours intéressant de voir le parcours des personnes qui ont réussi. Même si le discours qui va suivre est très romancé, il reste instructif. Il nous montre combien sa vie n’a pas été toute tracée et que finalement il est autant là par ce qu’il sait que par ce qu’il est.

« C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.

« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »

La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?

Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.

Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.

Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.

Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.

On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »

Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.

C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.

Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.

Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.

Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.

Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.

« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »

Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.

Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.

Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.

Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.

Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.

Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
Merci à tous.»

La traduction provient d’ici.

Discours en anglais